Ce midi dans la nouvelle émission « Citoyens citoyennes » de Pascal Vrebos sur RTL-TVI, Michel Bouffioux, journaliste à La Libre Match, a dénoncé ce qui pourrait être un véritable scandale sanitaire via un enseignant ayant tenu à garder l’anonymat. De la poussière d’amiante serait respirée quotidiennement par les élèves et les professeurs présents dans certains bâtiments scolaires de la Communauté française.
« C’est un drame. … La poussière d’amiante est partout dans les classes, pas dans toutes les écoles mais essentiellement dans des bâtiments de type R.T.G. » a déclaré l’enseignant. Les bâtiments R.T.G. sont des bâtiments de type provisoires construits il y a plus de 30 ans. Il a fait analyser des échantillons du plafond qui sont tombés dans sa classe et les résultats ne laissent, selon lui, aucun doute à la présence d’amiante dans les matériaux.
L’information est disponible également sur le site internet de la Communauté française, où il est étonnant ou rassurant de lire la recommandation suivante : « soyez attentif et vigilant à ne pas abîmer ces matériaux (par forage, disquage, friction, bris, ...) » Lien : http://www.espace.cfwb-.be/sippt/INFRA0361.htm
Seule l’inhalation de fibres microscopiques d’amiante est dangereuse pour la santé. Mais les élèves seraient souvent en contact avec ces fibres. « Sur certains appuis de fenêtre, on voit carrément les fibres », déclare encore l’enseignant.
Tout le monde était au courant
Les établissements scolaires ainsi que la Communauté française sont au courant du problème, et ce depuis 1995 selon l’enquête de Michel Bouffioux. Mais d’après lui, les différents gouvernements qui se sont succédés à la Communauté n’ont pas bougé car attendant que toutes les écoles en question aient complété leur « répertoire de l’amiante ».
De plus, la démolition et le remplacement des 300.000 m² de bâtiments R.T.G. en Communauté française coûterait extrêmement cher. Des fonds devront donc être spécialement alloués à cet effet par la Communauté.
La ministre rassure les parents inquiets
La ministre de l’enseignement en Communauté française, Marie Arena, se veut rassurante. Un plan d’investissement de plus d’1 milliard d’euros existe et l'argent sera investi sur 3 ans. « Je tiens à rassurer les parents. Le problème étant connu, il est géré au jour le jour. Là où il y a des problèmes d’extrême urgence, la Communauté française intervient. »
Marie Arena précise que pour le réseau de la Communauté française, la situation est sous contrôle et le problème est géré. La Communauté française s'est conformée à la législation en vigueur, les inventaires des matériaux contenant de l'amiante ont été réalisés dans toutes les provinces (330 établissements) mais sont toujours en cours dans le Hainaut (120 établissements) et seront terminés prochainement, précise-t-elle.
Les travaux nécessaires mis en évidence par ces inventaires sont inscrits pour exécution au plan quinquennal de sécurité de chaque bâtiment en fonction du degré d'urgence. Les mises à jour de ces inventaires seront également réalisées chaque année.
Marie Arena a concentré les moyens sur les travaux de sécurité et de salubrité et elle a initié, en partenariat avec les réseaux d'enseignement, un projet de partenariat public-privé afin de dégager les moyens budgétaires nécessaires pour rencontrer les besoins urgents (1 milliard d'euros sur les 3 prochaines années).
L’enquête de Michel Bouffioux sera à lire dès ce lundi dans La Libre Match.